Contribution de la conservation-restauration au destin patrimonial d’un générateur Cockcroft-Walton

Rémy Geindreau soutenance Etude de conservation-restauration d’un Générateur Haute Tension de type Cockcroft-Walton des années 1950 de l’Institut de Physique Nucléaire de Lyon /ESA AVIGNON 2013/2014. Direction de mémoire : Pierre Lagrange, Docteur en anthropologie, sociologue des sciences Direction de projet: Marc Maire, conservateur-restaurateur Résumé : Après plus de 50 ans de service, le générateur de type Cockcroft-Walton qui alimentait en haute tension (1.200.000 Volts) un accélérateur de particules, doit aujourd’hui être restauré et présenté sur le campus de l’Université Lyon 1. Commandé par le physicien Jean Thibaud à la société Haefely dans les années 1950, il fut utilisé à la caserne militaire de la Vitriolerie puis à l’Institut de Physique Nucléaire de Lyon où il est actuellement entreposé en pièces détachées. Quelle place pour le conservateur-restaurateur face un objet qui dépasse a priori son domaine d’action ? Comment aborder sa matérialité composite (bakélite, aluminium, fluides…) et son gigantisme ? Peut-on envisager une restauration non exclusive de la fonction utilitaire de cet objet ? L’enquête engagée emprunte sa méthode autant à l’ethnologue qu’au technologue et vise à pallier la perte considérable de savoirs liée à la désuétude de l’objet. En effet, quoique nous soyons contemporains de celui-ci et de la société qui l’a fait naître, le Cockroft-Walton constitue une altérité, tant la physique moderne demeure opaque hors des laboratoires. Aussi, la préservation ex situ de cet artefact issu de la « Big Science », qui plus est à forte connotation esthétique, suppose pour le conservateur-restaurateur une étude pluri-disciplinaire (ex-usagers, physiciens, techniciens, historiens, anthropologues…) afin d’intégrer au mieux la rupture entre ses modes d’existence passés et son destin patrimonial.

Conservation contribution to the destiny of an obslolete Cockcroft-Walton generator

After more than 50 years of running, the Cockcroft-Walton Generator which fed with high voltage (1.200.000 volts) a particle accelerator, must be restored today and then be presented on the Campus of Lyon 1 University. Commanded by the physicist Jean Thibaud at the company Haefely in the 1950s, it was used in the Vitriolerie military barracks then in the Institute of Nuclear Physics of Lyon where it is at present stored in separate parts.

What place for the conservator faced with an object which exceeds his sphere of action? How to approach its composite materiality (fluids, synthetic polymers, aluminum) and its gigantic size? Can we preserve the utilitarian function of the generator? The committed survey borrows its method as much to the ethnologist as to the technologist and aims at mitigating the considerable loss of knowledge related to the disuse of the object. Indeed, although we are contemporaries of the object and of the society which has created it, the Cockcroft-Walton Generator establishes from now on an otherness, in so far as Modern Physics remains opaque outside laboratories. Also, the conservation of this artefact stemming from « Big Science », besides its strong esthetic connotation, supposes for conservators an inter-disciplinary study (former users, physicists, technicians, historians, anthropologists) to integrate at best the rupture between its past modes of existence and its patrimonial destiny.

Brochure Haefely d'un accélérateur à protons avec un générateur haute tension de type Cockcroft-Walton.

Brochure Haefely d’un accélérateur à protons avec un générateur haute tension de type Cockcroft-Walton.

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