L’année dernière à Marienbad et L’invention de Morel

Posted on octobre

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« Des labyrinthes inépuisables résonnaient de musiques suaves ; une salle aux formes extravagantes n’avait d’autres fonctions, semblait-il, que de déclencher d’interminables échos  le sol d’une autre, selon les heures du jour, reproduisait le schéma variable d’un jeu très compliqué. Dans les sous-sols immenses, à perte de vue, œuvraient des machines dociles. » Georges Perec

« Et pourtant, en un instant, dans cette lourde nuit d’été, les flancs broussailleux de la colline se sont couverts de gens qui dansent, se promènent et se baignent dans la piscine, comme des estivants installés depuis longtemps à Los Teques ou à Marienbad. »  L’invention de Morel, Adolfo Bioy Casares

Qui a vu le film L’année dernière à Marienbad de Resnais et Robbe-Grillet ne peut qu’être persuadé d’une profonde similitude avec la nouvelle L’invention de Morel d’Adolfo Bioy Casares s’il l’a lu. Partout il est question d’une inspiration délibérée, mais jamais celle-ci est vraiment explicitée. Le postulat : Robbe Grillet a lu Casares. L’invention en question, une machine serait peut-être une des bouées, secours aux vagues, fussent-elles nouvelles et délibérées, qui noient notre raison après la vision du film.

Adaptations cinématograhiques :

L’invention de Morel (1967) de Claude Jean Bonnardot

L’Invenzione di Morel (1974) d’Emidio Greco

L’année dernière à Marienbad (1961) de Alain Resnais & Robbe-Grillet L’année derniere à Marienbad – bande annonce FR par _Caprice_

L’invention de Morel, une machine à faire du cinéma :

Son « dernier galop d’essai », son septième roman, la nouvelle à la forme parfaite, L’invention de Morel de l’écrivain argentin parait en 1940. Roman incontournable de la littérature fantastique, classé parmi les œuvres contenant une machine célibataire selon Michel Carrouges, Bioy Casares nous propose une machine qui réanime au rythme des marées pour l’éternité une série de personnages. Ces derniers projetés par la machine en trois dimensions, prenant l’apparence du réel vont duper le narrateur qui va même tomber amoureux d’une des héroïnes. Morel l’inventeur

De peur d’en déformer la substance et l’intrigue, je camperai sur la machine. Quelle est-elle ? En images (de bas en haut : les deux premières issues du film de Bonnardot ; les secondes : enregistrements cinématographiques du film de Resnais)

 

La machine est à classer parmi les machines célibataires selon Michel Carrouges parce qu’elle confond l’amour et la mort par la mécanique. Le film de Bonnardot reprend quasi à l’identique avec des références au film de Resnais le roman de Casares. Resnais et Robe-Grillet eux s’en inspire mais on n’y retrouve seulement les sempiternelles répétitions machinales, les troubles qui en découlent et cet amour nécessairement impossible. Seul ce document sur les inédits fantastiques retrace en détail les interférences entre la machine originelle (celle de Morel – celle de Casares) et les adaptations : ici.

« L’Année dernière à Marienbad a quelque chose en commun avec Morel, Thomas Beltzer a écrit sur les liens dans L’Année dernière à Marienbad: Une méditation intertextuelle:

L’Année dernière à Marienbad enterre son association avec son « front bas » texte de science-fiction, et pourtant, ils sont des parents tout de même. J’ai découvert la parenté par accident sur la jaquette de Casares «Un plan pour Escape, un roman écrit dans le début des années 1940, qui porte aussi une affinité intéressante avec L’Année dernière à Marienbad. Jaquettes de romans sont parfois trompé, mais j’ai été en mesure de confirmer l’information en consultant l’encyclopédie Britannica qui stipule que «Le roman a servi de base pour le script de film d’Alain Robbe-Grillet pour L’Année dernière à Marienbad ». Le chef-d’œuvre moderniste est « démasqué » en tant que post-moderne, film de science. […] Morel suppose deux niveaux de réalité: l’homme observant le film, et le film lui-même, ce qui reflète une chaîne d’actions plus tôt. Par lui-même l’insérer dans le film et l’air de prendre part à ses activités, le personnage principal crée une troisième réalité, une révision du film, un film du film avec le contenu superposé supplémentaire (à la Mystery Science Theater 3000), bien que destiné à être aussi transparent que possible. Marienbad est beaucoup plus oblique. Les trois personnages principaux, X (le protagoniste), A (la femme et de l’objet du désir), et M (le mari de A et ennemi juré de X), toute continuité rupture avec le fond à plusieurs reprises, la plus frappante lorsque d’autres personnes dans le arrêt sur image tandis que X, A, M ou vaquent à leurs occupations. Mais il ya aussi des moments où M ou (surtout) semblent eux-mêmes une gelée ou ne répond pas alors que X interagit avec eux. Je suis certain qu’il ya un schéma conceptuel qui pourrait expliquer ces relations, mais je suis aussi sûr qu’il n’y aurait pas de preuve de sa validité se trouve dans le film lui-même. Je crois que le film n’est pas destiné à être compris de la même manière que L’Invention de Morel peut être, il lui manque la netteté d’une seule interprétation. Où en sommes-nous? Bhob Stewart a un peu la clé des informations présentées sur Prefuse: Au milieu des années cinquante, quand roman Casares »a été traduit en français, il a été lu par Robbe-Grillet. Nous le savons depuis qu’il a écrit un avis favorable de la livre en 1955. En 1961, Resnais et Robbe-Grillet ont été interrogés par le cinéaste Jacques Rivette, qui a commenté sur le lien entre MOREL et MARIENBAD, parallèles brièvement reconnu par Robbe-Grillet (qui n’a pas précisé). Resnais et Robbe-Grillet avait évidemment = jamais = discuté, comme indiqué par le commentaire de Resnais qu’il n’était pas familier avec le livre! Une traduction anglaise de cette entrevue était facilement accessible à toutes les critiques de New York en 1961, mais aucun d’entre eux ramassé sur la signification de ces quelques phrases.

Il est approprié que Resnais n’était pas familier avec l’histoire Bioy Casares quand il a pris le script. Je ne sais pas de plus amples détails, je dois deviner basé sur mes impressions de Robbe-Grillet et Resnais. J’imagine que Robbe-Grillet apprécier la beauté de la volonté du personnage principal de L’Invention de Morel, et appréciant également l’aspect de surface pur pour elle: car il ne peut jamais parler avec l’objet de son désir, elle reste toujours une collection de purement moments observés. J’imagine que Robbe-Grillet troubler, cherchant à montrer X relative, puis ne se rapportant pas à A, et M à la dérive dans et hors de la vue active que A et X font et ne se rapportent pas à lui. J’imagine Resnais voyant le script oblique Robbe-Grille et le prendre comme une ardoise vierge, en superposant une approche formaliste visuel qui ne moquer le moins du monde à la source originale du script. J’imagine Resnais comme le personnage principal de L’Invention de Morel n’interagit pas avec le sens de l’écriture enterré Robbe-Grillet, mais d’insérer lui-même et ses visuels parmi ses caractéristiques de surface et de l’artisanat un nouveau sens de celle-ci. »

« Toujours des murs, toujours des couloirs, toujours des portes, et de l’autre côté encore d’autres murs. Avant d’arriver jusqu’à vous, avant de vous rejoindre, vous ne savez pas tout ce qu’il a fallu traverser. Et maintenant vous êtes là où je vous ai mené, et vous vous dérobez encore. Mais vous êtes là dans ce jardin, à portée de ma main, à portée de ma voix, à portée de regard, à portée de ma main. »

Bande annonce : DVD L’invention de Morel par ina

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